Pourquoi et comment je vais quintupler de volume

Je suis donc arrivée depuis une semaine, et je pense que l’heure a sonné de vous parler un peu de ce que je mange - une semaine ici, c’est presque assez pour quintupler de volume.

J’ai eu le malheur de prendre un “plan illimité” pour les dining hall de Princeton, ce qui fait que je peux aller manger autant de fois que je veux dans les restaurants des différents collèges résidentiels. Toute la stratégie consiste à savoir quelle est leur spécialité: par exemple, pas question le dimanche d’aller bruncher ailleurs qu’à Forbes, et même si j’habite à Wilson qui est de l’autre côté du campus. En bef, je pratique la cantine américaine et je commence à sérieusement comprendre leurs problèmes d’obésité.

Il faut pourtant l’admettre : les Princetoniens ne sont pas gros du tout. Ils pratiquent le sport à très haut niveau, que ce soient les athlètes qui font 4 heures d’entrainement par jour, ou les autres étudiants qui passent leurs temps à courir sur les tapis du FitnessCenter du Gymnase en regardant la télé.

Voilà donc mon plan A : devenir une star du gymnase. Mon plan B : essayer de comprendre ce qui ne tourne pas rond dans leur façon de s’alimenter pour éviter de gonfler comme un ballon. Et là, il faut dire que ce n’est pas bien difficile à trouver !

La première chose qui m’a frappée quand je suis entrée au dining hall du Wilson College, c’est qu’ils boivent tous un truc bleu fluo. Après une petite enquête, il s’avère que c’est du “Powerade”, une boisson énergétique mégasucrée dont ils raffolent. Les boissons sont en libre service, c’est comme ça qu’on abuse du powerade, du coca, et d’autres breuvages fluos et hypersucrés. Promis, juré, craché, j’ai des témoins, la dernière fois que je suis allée déjeuner il n’y avait pas d’eau. J’ai bu un mélange sucre-kiwi-fraise très très rose et très très étrange.

L’autre truc un peu bizarre, tout de même, c’est qu’une journée normale ici, c’est cinq repas par jour. Donc petit-déjeuner, déjeuner (jusqu’à là, tout va bien), goûter (il faut voir la tête du goûter), dîner-qui-est-servi-entre-17h-et-20h puis deuxième dîner vu qu’à 22heures il se fait faim. Si pas de chance : casse-la-croute quand on rentre de soirée, vers 2 ou 3heures.

Comme évidemment tout est mégagras (je suis obligée d’essuyer la graisse des pizzas avec une serviette en papier avant de les manger, et de les secouer un peu pour que les dernières gouttes tombent), on se rend vite compte de l’entourloupe. Mais les choses se compliquent quand on décide de faire attention ! La bouffe “light” est encore plus flippante ! Illustration sur un yaourt : mes bonnes résolutions me portent à choisir un yaourt sans sucre, et avec 1% de matière grasse. Ouverture du yaourt et première surprise : il est fluo lui aussi, décidément. Deuxième surprise : il est hyper, hyper sucré car bourré d’aspartame. Je fais un peu la grimace, et pourtant, j’ai une longue tradition de sucre-au-fromage-blanc derrière moi. Troisième surprise : il est méga, méga crémeux. Parcequ’ils ont mis des enzymes qui font cet effet là dedans, m’a dit ma mère quand je lui ai posé la question.

Dernier recours : puisque la nourriture “light” est aussi savoureuse que la pire frange de la junk food, les fruits et les légumes ! Mais là encore, je vous raconte l’affaire ! Les pommes sont toutes très rondes, et identiques comme si elles avaient été dessinées au compas, toutes rouges vif, les brocolis ont vaguement l’air un peu fluo aux aussi, les grains de raisin sont énormes, et tous uniformes - enfin, les fraises sont à peine plus petites que mon poing fermé. Terrible… si tout ça sort du sol, alors je suis Papesse du Vatican Club.

A l’image de toute la société américaine, à un excès en répond un autre. Les “food clubs” sont nombreux sur le campus, et beaucoup abritent des intégristes de la bouffe prêts à se nourrir de quelques graines égyptiennes par jour. On rencontre des mouvements traditionnels : Organic Food Princeton (bio), Local Food (produit localement), Fair Trade Food (commerce équitable), et des mouvements plus inattendus comme le club de Slow Food de Princeton, qui se veut l’inverse du Fast Food. Une idée italienne, paraît-il…

En tous cas pour l’instant, j’ai installé mes quartiers au “Café Vivian” qui sert des pizzas bio cuites au feu de bois, et au restaurant de la Woodrow Wilson School of International and Public Affaires (how chic!) qui a un salade bar. Tant que je peux me le permettre, je n’en bouge pas !

Oh, et… mon honnêteté me pousse à ajouter un détail, puisqu’il faut rendre à César ce qui est à César. Ici, les cupcakes sont à tomber par terre ! Voilà un excès dans lequel je me vautre avec le plus grand plaisir.

  • More about that:

Blog du club de Slow Food de Princeton :http://slowfoodprinceton.wordpress.com/

Site de “Bent Spoon”, le magasin qui nous approvisionne en cupcakes : http://www.thebentspoon.com/ . Vraiment incroyables !

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